mercredi 23 novembre 2011

La capitale néo-zélandaise, Wellington

Wellington est située au bord d’une très belle baie protégée des vents violents qui viennent de l’ouest et du sud.
Gardant la pointe sud de l'île du Nord, la ville est réputée comme l’une des plus venteuses du pays et souffre d’une météo capricieuse ! 









En effet, après une petite accalmie, des nuages gris sombres pointent à l’horizon. C’est ainsi sous une pluie battante que l’on entame notre excursion sur la Marine Drive. Cette superbe route côtière contourne les quartiers résidentiels de la ville et longe petites anses aux plages de sable abritées. On aperçoit des maisons en bois qui surplombent la chaussée.

Marine Drive dominée par les collines vertes et leur "collier" de maisons

















D'après une légende maorie, lorsque le dieu Maui eut pêché l'île du Nord, il la confia momentanément à ses frères qui, en son absence, commencèrent à découper ce gros poisson : sa queue tomba au nord et sa tête au sud, près de Wellington. Capitale du pays, cette belle ville s'est installée autour d'un port aux eaux bleues intenses, entre collines et vallons à pic.

La capitale du pays vaut le détour, ce fut une bonne surprise car c’est un peu la mal aimée des touristes ! Mais elle a ce petit quelque chose bien à elle ! Les visiteurs ne font trop souvent que passer là pour prendre un ferry vers l'île du Sud. C'est notre but aussi, mais on prend quelques heures pour arpenter la capitale.

Le Grand Wellington comprend les villes limitrophes de Lower Hutt, Upper Hutt et Porirua que l'on a traversé, mais ne présente guère d'intérêt. Il concentre un peu moins de 500 000 âmes dont 180 000 pour la ville de Wellington intra-muros, une population relativement faible pour une ville de ce statut.
Lower et Upper Hutt sont cependant connues pour être le foyer de l'industrie cinématographique néo-zélandaise, célèbre notamment grâce au réalisateur du "Seigneur des Anneaux", Peter Jackson.

Wellington a un centre peu étendue qui se parcourt aisément à pied. Le cœur historique conserve quelques beaux bâtiments anciens et le front de mer rénové bourdonne d'activité.

Les bâtiments gouvernementaux construits à différentes époques se tiennent sur une petite colline.
Grâce à sa situation centrale dans le pays et sa proximité avec l'île du Sud, Wellington prend le statut de capitale néo-zélandaise, à la place d'Auckland, en 1865.
Quand la ville est devenue capitale au 19ème siècle, elle s'est agrandie vers les faubourgs, comme en témoigne le vieux quartier de Thorndon, construit en bois pour résister aux tremblements de terre. L'utilisation de ce matériau servit également à des constructions de grande ampleur, à l'exemple des anciens bâtiments gouvernementaux à la fin de ce même siècle.

Au bout de Lambton Quay, les Government Buildings ont été construits à partir de la fin du 19ème siècle. De style néoclassique édouardien, le Parlement fut construit en 1922. Bien que cet édifice soit élégant, son équilibre reste imparfait. En effet, l'aile sud initialement prévue, n'a jamais vu le jour. Suit la Parliamentary Library de la toute fin du 19ème siècle. Cette Bibliothèque parlementaire est une fantaisie gothique soulignée de pierre rose. Elle a échappé à l'incendie qui ravagea les bâtiments en bois du Parlement en 1907.
En face se trouve le Beehive datant du début des années 1980. Cette "ruche" est un bâtiment circulaire à l'architecture originale qui fut souvent tourné en dérision. Elle accueille les bureaux du Premier Ministre, de son cabinet et des autres "abeilles" du gouvernement. C'est le symbole de l'exécutif néo-zélandais.



L'architecture des trois bâtiments gouvernementaux varie en fonction des époques (de la fin du 19ème aux années 70)



L'ancien Parlement dans un style Renaissance Revival a été bâti pour abriter les bureaux des ministres et fonctionnaires de l’État. C'est la plus grande construction en bois du monde, après le temple de Todai-ji au Japon. Sa façade imite la pierre de taille, matériau initialement prévu par l'architecte. Elle accueille aujourd'hui la faculté de droit de l'université Victoria.


400 mètres à peine séparent ces bâtiments gouvernementaux de la faille dans l'écorce terrestre qui traverse la ville de part en part !

Nous déambulons ensuite dans le vieux quartier de Thorndon derrière le Parliament District.
Presque cachée dans une rue à l’écart, la petite église St Paul’s Old Church surprend avec sa construction en bois chevillé dans son intégralité. Ceci lui confère une ambiance chaleureuse et cossue à l’intérieur. C'est magnifique, on s’y sent chez soi ! En plus, un guide n’hésite pas de donner d’intéressantes explications !




Old St Paul offre un bel exemple d'adaptation de style néogothique anglais aux contraintes qui régnaient à l'époque dans les colonies britanniques liées aux matériaux disponibles.
Cette église fait terriblement contraste avec la nouvelle St Paul’s Cathedral, plus grande, mais surtout plus moderne et donc, pas forcément belle à regarder ! Achevé en 1998, la construction de cet édifice néoroman prit plusieurs décennies.
Les vitraux et verres gravés et son orgue de 4000 tuyaux valent le coup d’œil.




Lambton Quay est la rue principale piétonnière où se concentre buildings, boutiques et galeries marchandes. Cette avenue date de l'installation de la première colonie en 1840. C'est de nos jours le paradis du shopping ! La partie occidentale de la rue grimpe de façon assez raide. Bordé de galeries marchandes et de boutiques, Lambton Quay concentre nombre de bâtiments historiques, à commencer par le plus beau, l'Old Bank Arcade de la fin du 19ème siècle. Ce dernier est l'ancien siège de la Bank of New Zealand qui est actuellement un haut lieu de la mode.




Civic Square
Civic Square est la place centrale très réussie du quartier moderne. Cette vaste esplanade pavée, aménagée dans les années 1990, est ornée d’œuvres d'art, tels les palmiers stylisés de Nikau et la sphère suspendues de 175 kg de Dawson qui représente cinq variétés locales de fougères.
Civic Square est le centre culturel de la ville : un vrai concentré d’art contemporain haut en couleur.
L'ancien hôtel de ville construit au début du 20ème siècle dans un style édouardien. Ce bâtiment en brique précédé d'un portique néoclassique fut sauvé de la démolition dans les années 1980 par une compagnie publique et il abrite l'orchestre symphonique national.



Lambton Quay



















Wellington doit sa prospérité à son port où les quais, fraîchement restaurés, sont vraiment sympathiques à parcourir. On peut y accéder depuis la passerelle City-to-Sea, décorée de sculptures en bois. D’ici on peut voir de gigantesques ferries à quai ou bien partant au loin, en direction de l’île du Sud.
On arrive devant le Circa Theatre qui arbore la façade de l'ancien bâtiment de la compagnie des charbons Westport qui s'élevait jadis de l'autre côté de Cable Street.











Depuis 1998, l’imposant Musée Te Papa Tongarewa occupe la place d'honneur sur le front de mer ultra-moderne. Ce musée flambant neuf rassemble l'héritage de la culture néo-zélandaise, des maoris jusqu’à l’art contemporain. Il est gratuit, mais le manque de temps nous ne permet pas de s'y rendre.
En remontant le front de mer vers le nord, on arrive dans un espace vivant et ouvert où il se passe toujours quelque chose. Les œuvres d'art abondent ici aussi dans le parc Frank Kitts, édifié sur des terres conquises sur la mer. C'est l'un des rares espaces verts de la ville.

Le Queens Wharf est très animé. Il concentre boutiques, cafés, restaurants, bars et une arène de concert. Cette promenade de bord de mer a été aussi construites sur la mer après le séisme de 1855.


Au sud du Te Papa et du front de mer, se situe le quartier le plus animé de la capitale, entre Courtenay Place et Cuba Street, une rue piétonne qui part de cette dernière. On y découvre des vitrines victoriennes et des vieux théâtres.

Depuis Oriental Parade, on profite de la vue magnifique sur la ville et l'Oriental Bay. Ici une jolie plage borde un quartier plutôt chic à la limite de la ville.

Les faubourgs de Wellington sont éparpillés sur les collines environnantes. Certains d'entre eux sont très caractéristiques avec leurs petites maisons victoriennes en bois, miraculeusement sauvées de la démolition. En effet, les habitants s'étaient opposés au renouveau urbain dans les années 1960-1970 dans certains faubourgs.


Civic Square
Lambton Quay






















On se rend compte que l’heure tourne, il ne faudrait pas rater notre ferry !!! C’est ainsi que nous partons pour 3h à travers les flots, après avoir dit adieu à l’île du Nord ! Le ciel est d’un bleu inespéré, la journée avait pourtant commencé sous les trombes d’eau ! Wellington s’éloigne peu à peu, la vue sur la baie est de toute beauté ! On retrouve les lieux où on était passé quelques heures auparavant par la Marine Drive, mais sous le soleil cette fois-ci !

Wellington est souvent comparée à San Francisco. La ressemblance peut s'expliquer grâce à son funiculaire qui mène à un panorama embrasant le port, les gratte-ciels du centre et les collines où sont alignées les petites villas victoriennes en bois.
La ville, n'ayant plus de terrains plats à disposition, doit s'étendre sur les collines.

Bâtie sur une faille majeure, la ville est souvent frappée de secousses, dont la plus forte touche, en 1855, la jeune colonie fondée 15 ans auparavant (avec une magnitude de 8,2 sur l'échelle de Richter). Ce séisme, en soulevant de grandes étendues de terrain, favorise toutefois la conquête de terre sur la mer.

Même s'il paraît que l'île du Sud est visible depuis les hauteurs de Wellington, de l'autre côté du détroit de Cook.

















Au milieu du détroit de Cook, on voit forcément soit un bout de l'île du Nord, soit un morceau de celle du Sud. Ce passage entre les deux parties du pays est parfois mouvementé en raison des vents violents qui y soufflent régulièrement. D'ailleurs la météo changent ici très vite en peu de temps, on en a fait l'expérience aujourd'hui !
On aperçoit une terre au loin, c’est l’embouchure du Queen Charlotte Sound par lequel on va entrer, il s’agit d’un des fjords composant les Marlborough Sounds… C’est fantastique, surtout que la météo est de notre côté ! Ce chenal est connu pour être une des plus belles étendues d'eau du pays.

Les eaux protégées bleues et vertes de ces fjords du Marlborough sont généralement calmes. Un superbe paysage de criques boisées, d’îlots et de chenaux (sounds) accueillent les passagers du ferry.

Cette partie du littoral est considérée comme l'une des plus belles du pays.  Les myriades de passes, de criques, de baies et d'îles qui constellent les Marlborough Sounds résulte du rapprochement des deux îles, depuis des millions d'années. L'île du Sud, située sur la plaque Pacifique, glisse petit à petit sous la plaque Australienne où se trouve l'île du Nord, inondant au fur et à mesure les vallées des Sounds, et ne laissant émerger que le sommet des montagnes.
Les Maoris ont, quant à eux, une toute autre version : lorsque le dieu Aoraki écrasa son canoë (l'île du Sud) contre l'île du Nord, les débris de la proue formèrent les Sounds.
Les descriptions que le capitaine Cook fit de l'endroit attira de nombreux marins voulant voir ce superbe paysage.


Nous posons les pieds à Picton, premier arrêt sur cette île du Sud. Nichée au pied de collines boisées, Picton est la porte d'entrée des Marlborough Sounds. La ville est une ancienne colonie maorie : Waitohi.
Le capitaine Cook reste à Ship Cove, non loin d'ici, pendant quatre mois. C'est là qu'il revendique le pays au nom de George III, et baptise ce Sound d'après l'épouse du roi, la reine Charlotte. Après quelques hésitations et difficultés avec les Maoris, la ville est déclarée capitale de la province et est nommé en l'honneur d'un général gallois tombé à la bataille de Waterloo. Mais Picton perd ce statut un peu plus tard au profit de Bleinheim plus au sud. La ville devient un repère de pêcheurs de baleines.
Cette petite ville nichée entre l'océan et les collines dans une région réputée pour la sécurité de ses angrages vit au rythme de sa gare et de son port où se croisent ferries, bateaux-taxis et voiliers.
Depuis des décennies, elle reste animée par l'arrivée et le départ des ferries venant de Wellington et aussi grâce au train.


Le ferry avance sur les eaux calmes des Malborough Sounds














L'arrivée sur Picton

Le ferry prêt à repartir à Wellington



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