mardi 29 novembre 2011

Invercargill et la région des Catlins à l’extrême sud du pays


Alors que le Fiordland est resté sauvage, le Southland a été façonné par les colons écossais qui y créèrent, dans des conditions difficiles, de riches élevages de moutons. Le nom des villes et des fleuves de la région évoque la lointaine Écosse et les habitants ont gardé un accent guttural qui rappelle celui de leurs ancêtres.

Les visiteurs attirés par le Fiordland ou l'île Stewart au sud ne font que bien souvent traverser la région du Southland. On traverse alors de riches terres arables qui étaient autrefois de vastes plaines marécageuses.




Château d'eau


La ville d'Invercargill partage avec quelques unes de ses cousines argentines et chiliennes, la particularité d’être une des cités les plus au sud de la planète. C'est la localité la plus peuplée du Southland.
Les rues de la ville sont baptisées d’après le nom de rivières écossaises (Dee Street ou bien Tay Street), rappelant les origines de la cité. Ces rues là sont les principales de la ville et c’est ici qu’on trouve les bâtiments dignes d’intérêt et qui rappellent les origines des fondateurs de la ville. Au croisement de ces deux rues se trouvent trois vieilles banques et le Trooper's Memorial, monunent aux morts de la guerre des Boers.
Fondée au milieu du 19ème siècle par des colons écossais, la ville prit son essor grâce à l'agriculture, puis le bois de construction et le charbon. Malgré sa situation attrayante, Invercargill ne s'est jamais intégrer à l'ère du tourisme.
Le château d'eau est le repérè caractéristique du centre-ville depuis la fin du 19ème siècle. Cette tour en brique rouge haute de 42 m offre un exemple intéressant d'application du style néoroman à l'architecture industrielle.
First Presbyterian Church est un sanctuaire inspiré des églises lombardes.
Sur Tay Street se tient l'Hôtel de ville et le Civic Theatre de style néo-Renaissance.
Ce qui nous marquera le plus sera sans aucun doute le Queen’s Park, la principale attraction de la ville qui regroupe des jardins à la française, une roseraie, une serre, et même un mini zoo avec une volière. 
A l'entrée principale du parc, le Southland Museum and Art Gallery propose des expositions sur les Maoris et les colons. Les salles consacrées aux îles subantarctiques et aux sphénodons, d'étonnants reptiles préhistoriques, sont très intéressantes. On y découvre aussi une expo présentant les 5 îles subantarctiques néo-zélandaises déclarées réserves naturelles qui se trouvent à des centaines de kilomètres au sud d'Invercargill, dans la zone des quarantièmes rugissants au climat hostile.



Basilique St Mary





Première Église presbytérienne


Civic Theatre sur Tay Street

















On y trouve aussi le Southland Museum and Art Gallery avec des expos très intéressantes et un vivarium permettant l’observation de sphénodon, véritable fossile vivant (espèce vieille de 220 millions d’années).
Ce lointain cousin du lézard est classé espèce en voie de disparition depuis la fin du 19ème siècle. Il a disparu des deux îles principales de Nouvelle-Zélande et n'en reste à l'état sauvage que dans des îles proches du littoral.























Au sud d'Invercargill, Bluff est le principal port d'exportation du Southland et le point de départ des ferries pour l'île Stewart. La ville tire son nom, qui signifie "promontoire", de la Bluff Hill, toute proche. La ville est aussi célèbre pour ses huître.

Le célèbre poteau qui pointe vers diverses destinations exotiques
Au pied de la colline de Bluff, le Stirling Point marque la fin de la route nationale 1 qui traverse le pays du nord au sud. D’ici le Pôle Sud n’est « qu’à » 4 800 km ! On y découvre aussi que Londres est à environ 19 000 km…
De la colline de Bluff Hill haute de 265 m, on domine le détroit de Foveaux, large de 32 km qui nous sépare de l’île Stewart au sud.








L'île Stewart, ultime étape avant l'Antarctique, est baignée par des courants étonnamment tièdes.

Vue sur la lagune depuis la colline de Bluff




La route traversant les Catlins est la grande attraction du Southland. Riche faune et beauté des paysages côtiers et forestiers font de cette région un itinéraire vivement conseillé pour remonter depuis Invercargill vers Dunedin au nord. La zone doit son nom de Catlins à un propriétaire terrien des années 1840.

La diversité du paysage est étonnante, allant d'un littoral déchiqueté aux plages majestueuses à une forêt parsemée de cascades, dans l'intérieur des terres. Cette pointe sud-est de l'île du Sud regorge d'animaux marins, notamment des otaries, des lions de mer, des dauphins et des manchots, dont les très rares manchots antipodes.

Jack’s Blowhole, d’où jaillit l’écume de ce trou de 60 m de profondeur. Il est situé au beau milieu des pâturages et des moutons sur les hauteurs d'une falaise.



Un splendide sentier surplombant le vide de chaque côté nous mène à Nugget Point, où se tient un phare perché sur un promontoire. De là, on peut observer longuement les otaries et les lions de mer se dorant au soleil en contrebas.






Au niveau de la Waipapa Point, un phare guide les bateaux sur ce littoral dangereux. Il fut construit en 1881 après le naufrage du Tararua, pire catastrophe navale de la Nouvelle-Zélande qui fit plus d'une centaine de victime.
En contrebas, des lions de mer viennent se reposer sur la grande plage dorée. Ces imposants animaux sont souvent de sale humeur et peuvent charger !


???? Slope Point est le point le plus au sud de l'île du Sud de la Nouvelle-Zélande. Après 20 minutes de marche que une propriété privée, on arrive devant un poteau indicateur montrant la direction du pôle Sud.







Notre prochain arrêt a lieu à Curio Bay, où une forêt fossilisée du Jurassique (180 millions d'années) apparait à marée basse. L'endroit est très sauvage avec de grandes vagues se brisant sur les falaises.

Un peu plus loin s'étend la Purpoise Bay avec sa longue plage de sable.




Il y a quelqu'un sur la falaise...












Les troncs fossilisés






















Après une courte marche dans la forêt de hêtres et de podocarpes, on atteint les très photogéniques Purakaunui Falls où l'eau dévale une série de cascades sur une hauteur de 20 m.
Tout proche se trouve le lac Wilkie bordé de hauts arbres caractéristiques des essences de la région.








Le Milford Sound, au coeur des fjords !

J’en rêve depuis longtemps : voir de mes propres yeux ces fjords du bout du monde. Aujourd’hui, ce sera chose faite !
On passe une nuit à la petite station de Te Anau, au bord du beau lac du même nom, et qui est la dernière ville avant le Milford Sound. Avec ses 61 km de longueur, ce lac est le second de l'île du Sud en terme de superficie.
Ses eaux ont pour toile de fond la forêt primitive et de hauts pics qui sont souvent la première image du Fiordland qui s'offre aux visiteurs.

Situé sous le 45ème parallèle, le grand Sud néo-zélandais est proche de l'Antarctique, auquel le pays était autrefois rattaché. Ses fjords, ses lacs, ses sentiers de randonnées méritent à eux-seuls le voyage depuis l'autre bout de la Terre.

Ce sont d'anciens glaciers qui ont sculpté le paysage du Fiordland, sur la côte sud-ouest du pays. Cette région creusée de fjords est protégée côté mer par de hauts sommets et des forêts denses. Plus à l'est, les montagnes balayées par le vent et les étendues sauvages cèdent la place aux lacs glaciaires du Southland et aux vastes prairies à moutons.

Le Milford Sound, la principale attraction du Fiordland, attire chaque jour quantité de cars de touristes. Certes la croisière dans ce fjord est exceptionnelle, mais le voyage depuis Queenstown vaut à lui seul le déplacement.




Sur les 120 km de la route entre Te Anau et le Milford Sound, appelée Milford Road, on traverse une grande variété de paysages : lacs, luxuriantes forêts, reliefs escarpés et torrents de montagne. Elle traverse le parc national du Fiordland, le plus vaste et le plus reculé de Nouvelle-Zélande. Celui-ci fait partie du Te Wahipounamu, un site inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO.
Cette Milford Road est souvent décrite comme une des plus belles du monde !


Le Fiordland offre les paysages néo-zélandais les plus spectaculaires : montagnes déchiquetées et fjords splendides s'y égrènent sous un ciel menaçant. Le parc national du Fiordland, qui couvre quasiment toute la région, est le plus grand du pays.
Il abrite notamment l'illustre Milford Sound, l'une des plus grandes attractions touristiques du pays, ainsi que le moins connu et plus paisible Doubtful Sound.
Il s'agit de la région la plus humide du pays. Balayé par les vents chargés de pluie des quarantièmes rugissants qui déferlent sur l'océan Austral, le parc est constellé de points d'eau.
Une épaisse forêt pluviale tempérée couvre les pentes abruptes qui enserrent 14 fjords et 5 grands lacs glaciaires. Elle rend l'intérieur des terres pratiquement impénétrable hors des 500 km de sentiers tracés à travers la réserve naturelle.

Le sol du parc est composé principalement de gneiss, de schiste et de granit issus de plis et de failles tectoniques. En deux millions d'années, les glaciers ont façonné le paysage, créant des lacs intérieurs et de profondes vallées en auge dont beaucoup sont aujourd'hui noyées, formant des fjords.
Les arbres accrochés aux parois rocheuses escarpées poussent dans si peu de terre que les avalanches d'arbres sont fréquentes. Ici, la forêt de hêtres domine, souvent très moussue. Mais au-dessus de 1000 m d'altitude, on ne trouve plus que des touffes d'herbe et des fleurs alpines.

Au kilomètre 63, on atteint l'Avenue of the Disappearing Mountain (l'avenue des Montagnes évanescentes), une portion de route ainsi nommée à cause d'une illusion d'optique qui fait que les montagnes qui la bordent semblent disparaître au fur et à mesure que l'on avance. Mais ce matin, la vue est plutôt bouchée, les montagnes sont planquées dans les nuages.

On arrive à une intersection de vallées à The Divide qui est le point d'arrivée (et moins souvent de départ) d'un célèbre chemin de randonnée qui va de l'autre côté des montagnes à Glenorchy et au lac Wakatipu. Pourtant à 20 km à l'est à vol d'oiseau, il faut environ 5 heures de voiture pour parcourir les 300 km pour s'y rendre.
A 531 m d'altitude, The Divide est le col le plus bas des Alpes du Sud. La route bifurque ensuite dans la Hollyford Valley, avant d’arriver au Homer Tunnel 
Ce tunnel de 1270 m de long fut inauguré en 1954, après 20 ans de construction, reliant ainsi le Milford Sound au reste du monde. Il traverse la montagne qui est le dernier rempart naturel avant les Sounds
Dès la sortie, un superbe panorama se dévoile à sa sortie et la route descend en pente raide dans la Cleddau Valley, qui forme une voie naturelle jusqu’à Milford Sound.

The Chasm est un profond défilé sculpté par le cours d'eau de la Cleddau. Ce gouffre est accessible facilement depuis la route par un sentier dans la forêt toute drapée de mousse.




L'Homer Tunnel qui fut percé en 20 ans,








Les forêts caractéristiques dans la Hollyford Valley

Le petit village de Milford possède un vaste complexe de bateaux de croisière, mais pas tant d'hôtels et de restaurants que ça. On est loin du tourisme de masse auquel on s'attendrait dans un site aussi célèbre, mais ce n'est pas pour nous déplaire ! Même si Milford devient très calme après le départ des touristes en fin de journée, ceux-ci préfèrent séjourner à Te Anau.

Pour réaliser la croisière, le mieux est d'arriver avant 10h ou bien après 15h. Les tour-opérateurs proposent tous les m^mes prestations : visite des 16 km du fjords jusqu'à "l'embouchure" avec quelques arrêts pour admirer les cascades ou bien les quelques animaux qui se prélassent sur les rochers.

Le Milford Sound, fjord long de 16 km, est celui le plus visité du Fiordland Park. Son emblème est le Mitre Peak, un sommet en forme de pyramide qui donne l’impression de surgir de l’eau.

Le Milford Sound est la plus fameuse attraction du pays !


Le Mitre Peak, montagne pointue haute de 1692 m et ressemblant à une mitre, ce qui a valu son nom
Les Bowen Falls













La renommée de ce fjord tient aux sommets qui l'entourent, et grâce notamment au Mitre Peak, ainsi nommé car sa forme évoque la coiffe d'un évêque. Principal point de repère du Milford Sound, c'est le point d'orgue de la croisière : il s'élève à 1692 m presque à pic au-dessus de l'eau.

A une dizaine de kilomètres du fjord se trouve le mont Tutoko, le plus haut sommet du Fiordland.







La croisière permet de se rendre compte de la grandeur du fjord (appelé aussi ria, vallée encaissée, envahie par les eaux). Le bateau s’arrête devant plusieurs curiosités géologiques, de majestueuses cascades ou encore pour observer dauphins et otaries à fourrure. On a pu aussi voir un bref instant des  manchots du Fiordland.


L'eau ruisselle continuellement sur les parois vertigineuses qui sont couvertes de végétation


















La faune marine est ici unique, les fortes précipitations couvrant les eaux des fjords d'une couche plus fraîche (3 à 4 m à la surface). Dans cette zone colorée de noir par les tannins ravinés de la forêt, qui ne laisse passer la lumière que jusqu'à 40 m sous la surface, vivent des poissons subtropicaux, des éponges et des coraux noirs.
Copper Point est le passage le plus étroit et le plus venteux du Sound, il a été nommé ainsi en raison de la présence de cuivre trouvé dans la roche à cet endroit.


La montagne et l'eau sont les deux éléments dominants du Fiordland. Dans le Milford Sound, les éclaircies sont rares. Il pleut 180 jours par an et la pluviométrie annuelle moyenne est de 650 cm. Mais lorsqu'il pleut à verse et que des dizaines de cascades se déversent en bas des montagnes, le spectacle est d'une grande beauté.

Les Bowen Falls jaillissent d'une vallée glaciaire pour une chute de 160 m.

On fait demi-tour au niveau du passage entre le fjord et la mer de Tasman, là où le capitaine Cook rebroussa chemin, pensant que le Milford Sound n'était qu'une simple crique. Il fallut attendre 1810 pour que les Européens découvrent le trésor naturel qui se cachait derrière ce méandre.

On passe au plus près de Stirling Falls, une cascade, et de Harrison Cove, une crique. En arrière-plan se tient le mont Pembroke (2014 m) et son glacier, à environ 5 km de la mer, à vol d'oiseau !

Le terme sound désigne un bras de mer formé par la submersion d'une vallée fluviale, mais malgré leur nom, le Milford Sound, le Doubtful Sound et leurs confrères du Fiordland sont des fjords, plissements de l'écorce terrestre approfondis et élargis par des glaciers puis envahis par la mer quand le niveau a monté.


Les montagnes sont couronnées de nuages




Pousse de fougère = le koru










Le koru est un des symboles du pays, les maoris en ont des représentations sur leurs colliers.










Sur le retour, on décide de s'arrêter au lacs Mirror qui sont deux petites étendues d'eau tranquilles qui réfléchissent les imposants sommets des Earl Mountains.


Les neiges de la Cleddau Valley
Les torrents sont nombreux dans la région



Kaka Bird, une espèce vivant dans le Parc du Fiordland











Le lendemain, il est temps de poursuivre notre itinéraire. Pour ce faire, on marque un petit arrêt à Manapouri, elle aussi située sur un lac éponyme. Celui-ci est cerné par la forêt et compte une trentaine d'îles.







dimanche 27 novembre 2011

Incursion dans l'Otago : Queenstown et les Southern Alps

Cette partie orientale de l'Otago est sans aucun doute la plus belle région du pays !!!
La route qui traverse les Alpes depuis Haast dans le Westland, jusqu’à Queenstown est superbe. Voir ces paysages désertiques de l'intérieur des terres, dans l'ombre des montagnes est un spectacle magique.

Au lieu-dit des Gates of Haast ou "Portes de la Haast", un pont franchit le lit encombré de rocher de la rivière-torrent.
Après avoir franchi le col de Haast du haut de ses 563 m d'altitude, la route SH6 continue de nous mener au travers de paysages enchanteurs.

Après avoir longer les rives de la pointe nord du lac Wanaka, elle passe par The Neck, une étroite bande de terre de 35 km séparant cette étendue d'eau du lac Hawea. C'est une véritable symphonie de bleus et de verts !

Dans son écrin de montagnes et de collines, le lac Hawea, aux eaux d'un bleu profond, est l'un des plus beaux du Sud. Il est rofond par endroits de 410 m.

Dans la partie sud de cette île de la Nouvelle-Zélande, le climat, la végétation et la configuration du terrain changent radicalement en quelques kilomètres. On passe d'une côte tapissée par la forêt pluviale aux sommets dépassant 3000 m qui s'élèvent abruptement. C'est cette particularité qui rend les parcs nationaux du Southland si spectaculaires. A l'est de ces hautes cimes, les reliefs et le vallées du centre de l'Otago présentent un visage profondément différent. L'intérieur est sec et rocailleux : au pied de montagnes enneigées, des lacs étalent leurs eaux d'un bleu vif au milieu de collines couvertes de lande. Le terrain s'abaisse progressivement vers les côtes et l'arrière-pays fertile qui assure l'approvisionnement de Dunedin et Invercargill.




Le lac Wanaka est un grand lac au pied des montagnes qui offre un superbe décor à la petite ville qui porte aussi son nom. Cette-ci est une sorte de Queenstown plus petite.



Lac Hawea





Dans l'ombre des Southern Alps, le plateau schisteux du centre de l'Otago offre un paysage rude et morne de montagnes escarpées, de prés arides et de lacs glaciaires d'une beauté incomparable.

Le centre de l'Otago est la zone la plus éloignée de la mer en Nouvelle-Zélande, la plus chaude en été et celle qui subit le froid le plus sec en hiver. Elle est protégée de l'humidité et de la fraîcheur venues de la mer par les hauts sommets des Alpes qui la bordent à l'ouest.


Cette région est peu peuplée, mais ce ne fut pas toujours le cas, notamment à l'époque de la ruée vers l'or. D'anciennes villes minières et des villes fantômes s'éparpillent sur les collines, des lacs de retenue se nichent dans les vallées, et les chais prospèrent où jadis s'élevaient les campements de mineurs.


Les collines couvertes de landes de la Cardrona Valley, sont très typiques des paysages de la région. La route de haute altitude qui la traverse mène jusqu'au Crown Range, un col situé à 1121 m d'altitude, ce qui fait d'elle la route principale la plus élevée du pays. Il s'agit de la voie de passage empruntée autrefois par les chercheurs d'or dans les années 1860.

En redescendant du col, on a alors une magnifique vue sur l'autre versant de la chaîne montagneuse, distinguant Queenstown au loin et un bout du lac Wakatipu.








La descente sur Queenstown à flanc de montagne, depuis le col de Crown Range Summit.




La vue sur Queenstown depuis le col


















La route en lacets descendant sur Arrowtown


Queenstown, le joyau de l'Otago, est situé dans un cadre enchanteur au cœur des Alpes du Sud. C'est la destination la plus prisée de l'île du Sud. Cette petite ville alpine fourmille de touristes toute l'année, mais elle garde l'atmosphère d'une petite localité.

Sur la rive nord-est du lac Wakatipu, Queenstown se serre sur l'un des rares terrains relativement plats de la région.

Avec son allure de station savoyarde, le centre-ville est agréable à parcourir à pied. Cependant, il ne reste pas grand chose des anciens bâtiments de la ville, mis à part William's Cottage qui date de 1864.


Le TSS Earnslaw sur le lac Wakatipu


















Le TSS Earnslaw est un bateau à vapeur qui part de Steamer Wharf, un quai rénové situé dans Beach Street. Cette charmante réplique de l'époque où les vapeurs constituaient le principal moyen de circulation dans la région, reste propulsée par les deux moteurs de 500 chevaux qui l'équipaient à son lancement en 1912. La "dame du lac", selon son surnom local, permet aux touristes de faire des croisières sur le lac.







Église anglicane St Peter






La ville fut baptisée ainsi en l'honneur de la reine Victoria.

Une statue d'un moa, espèce éteinte vers 1500 et pouvant atteindre 3,50 m de haut, décimée par les maoris...



On se promène dans le centre en empruntant la voie piétonne The Mall bordée de restaurants, bars et boutiques de souvenirs. La rue a conservé quelques bâtiments de l'époque coloniale.
 
On file jusqu'aux rives du lac Wakatipu où la vue sur les Remarkables est grandiose et d'où partent les bateaux à Maintown Pier.
On ne peut se méprendre sur les origines glaciaires du lac Wakatipu. Selon une légende maorie cependant, il occuperait l'empreinte laissée par un géant qu'un guerrier fit brûler vif pendant son sommeil car il avait enlevé la fille d'un chef. La neige, en fondant, aurait rempli la dépression. Le cœur du démon bat toujours, ce qui explique les oscillations du niveau de l'eau : jusqu'à 7 cm toutes les 5 minutes.
Les Remarkables tombent abruptement dans le lac, profond par endroits de 380 m.



Voilà le cadre exceptionnel dont bénéficie celle que l'on surnomme la "capitale mondiale de l'adrénaline" !



Le cadre de Queenstown est souvent décrit comme un des plus spectaculaires du monde. Nichée au pied des Remarkables Mountains, le village endormi des années 1970 est devenu aujourd’hui la capitale mondiale des sports d’aventure ! Le manque de temps et le budget me feront longtemps regretter de ne pas avoir essayé un des célèbres sauts à l’élastique, tel le Ledge Bungy, un piqué de 50 m à 400 m au-dessus de la ville !


Entre montagnes majestueuses et lacs glaciaires d’un bleu improbable, c'est le lieu de villégiature préféré des néo-zélandais. Avec plus d'un million de visiteurs par an, Queenstown Lakes est la région néo-zélandaise qui connait le plus fort développement.



Le Lac Wakatipu au cœur des Southern Alps














Une route longe la rive orientale du lac Wakatipu qui s'enfonce dans les montagnes sur une quarantaine de kilomètres. Au loin se dresse fièrement la chaîne montagneuse du parc national de Mount Aspiring. Avec sa pointe acérée, le mont Aspiring est considéré comme le Cervin néo-zélandais de par ses faces pentues. C'est le seul sommet à plus de 3000 m d'altitude situé en dehors du parc national de l'Aoraki / Mont Cook.


Anecdotes :
-    C’est le néo-zélandais Hackett qui a rendu le saut à l’élastique célèbre, en sautant de la Tour Eiffel en 1986,
-    Les domaines skiables de la région de Queenstown sont considérés comme les meilleurs du pays.





Un des moments forts du voyage : se rendre vers la Paradise Valley, en longeant le très long Lake Wakatipu : des paysages magiques !
Glenorchy est située à la pointe nord du lac Wakatipu.

Bienvenue en Isengard, un lieu phare dans le 2ème volet du Seigneur des Anneaux


Le hameau de Kingston a longtemps fait fonction de terminus ferroviaire et d'embarcadère de vapeurs pour les voyageurs venant du sud à destination du lac Wakatipu. Il a pour principal sujet de fierté le Kingston Flyer, un train à vapeur qui effectue des allers-retours d'une heure et quart. Le personnel est en costume d'époque.


Environs de Glenorchy et de Paradise Valley

vendredi 25 novembre 2011

Le Westland, entre océan et montagnes !

Il s’agit d’un des nombreux coups de cœur de ce pays fantastique !
Cette région étirée et coincée entre les Alpes néo-zélandaises (sommets à plus de 3 500 m) et l’Océan, est frappée de plein fouet par les vents d’ouest amenant de nombreuses dépressions des quarantièmes rugissants(*). Les précipitations y sont régulières et intenses. De ce fait, on y observe un climat bien particulier, ayant pour conséquences une moyenne de plus de 170 jours de pluie par an, ce qui a entraîné le surnom de Wetland (wet = humide) à la région. Un total de 5 000 cm de précipitations annuelles en moyenne est comptabilisé à Fox Glacier !
Ceci a façonné le paysage de cette région si singulière avec de superbes lacs, des glaciers immenses, des torrents et des plages sauvages et désertes.
Mais on remarquera surtout la présence de denses forêts pluviales. C’est ici qu’on trouve l’espèce de palmiers la plus au sud de la planète !




Notre traversée de la région ne dérogera pas à la règle, les averses se succèdent, mais lorsque le soleil sort, cela donne une luminosité extraordinaire!


Coupée du reste de l'île par cette barrière naturelle à plus de 3000 m d'altitude, la côte ouest s'étend sur 600 km, mais ne fait pas plus de 19 km de large ! Cette terre de pionniers, inhospitalière mais superbe, attira en masse les chercheurs d'or. Des villes aux conditions de vie difficiles sortirent de terre du jour au lendemain dans les années 1860, lorsque le Wetland se hissa très brièvement au rang de première région du pays en terme de développement et d'exportations. Les villes furent laissées à l'abandon quand l'or vint à manquer, mais l'économie se tourna vers l'extraction de charbon. Les habitants de la côte sont fières de leurs racines ouvrières, et se considèrent comme des gens vaillants ne comptant que sur eux-mêmes. Aujourd'hui, la région est l'une des moins peuplées du pays, et les villes tentent tant bien que mal de retenir les jeunes. Dans l'avenir, elle mise sur le tourisme.

On ne prend pas la peine de s'arrêter à Westport, une ville carrefour plutôt austère. Celle-ci est le port principal de la côte ouest, situé à l'embouchure de la Buller. Les ressources en or étant plutôt faible, c'est les mines de charbon qui ont fait vivre cette cité depuis des siècles.




De très beaux sites naturels sont à notre portée. Nous commençons par le cap Foulwind (littéralement : "gros temps") et son phare, à seulement une dizaine de kilomètres de Westport. Ce cap est le repère d'une grande colonie d'otaries qui a élu domicile dans la Tauranga Bay.




Un weka, oiseau néo-zélandais ne sachant pas voler, nous suit depuis un moment sur le chemin


Après la chasse, les otaries à fourrure ont pour habitude de venir se reposer sur les rochers de Tauranga Bay


La côte ouest est une terre à la fois densément boisée et désolée. Lorsque Cook la longea en 1770, il nota dans ses carnets : "Aucun pays ne semble plus sauvage et plus aride." Brunner, premier Européen à parcourir cette côte la trouva même intimidante, ne comprenant pas la raison pour laquelle les indigènes avaient choisi de vivre ici.
Pourtant peu de Maoris vivaient dans cette région qui possédait pourtant un trésor : la néphrite. Depuis le 15ème siècle, la tribu maorie vivant dans le Wetland contrôlait le commerce de cette pierre semi-précieuse appréciée dans l'île du Nord.


La courte balade du Truman Track nous emmène au cœur de la forêt de Nikau. Le Paparoa National Park a conservé une végétation indigène et variée. Le chemin s'enfonce dans une forêt subtropicale jusqu'à une cascade et une côte rocheuse creusée de cavernes et d'un trou d'où jaillissent des panaches d'eau de mer.





Woodpecker Bay,
















Les monts brumeux qui dessinent la côte, vus depuis Kaipakati Point



Les Pancake Rocks, évoquant des empilements de crêpes sont considérées comme la curiosité principale du nord du Wetland. Ces roches calcaires érodées qui se sont peu à peu élevées du fond de la mer sous l'action sismiques, et qui forment aujourd'hui des couches ressemblant à une pile de pancakes. La randonnée de Pancake Rocks and Blowholes, de niveau facile, s'effectue en 20 minutes depuis le village au bord de la route. Au bout du chemin, on peut voir la majeure partie de ces sculptures naturelles fouettées par les pluies battantes venues de la mer de Tasman. Elles  participent à la beauté étonnante de cette côte qui fait partie du parc national de Paparoa.

L'érosion conjuguée du vent, de la pluie et de la mer leur a donné cet aspect en évidant de fines couches de roche meuble prises entre des strates de calcaire plus dur.

Les blowholes (ou geysers maritimes) sont une conséquence indirecte de l'érosion. Les vagues qui viennent s'écraser sur la côte entraînent peu à peu l'éboulement des roches les plus friables, puis la formation de grottes sous-marines. Au fil du temps, des morceaux de plafond se détachent. Lorsqu'une vague se déverse dans l'entrée de la grotte, l'eau passe dans les trous et la pression due au battement des vagues provoque de fortes éruptions d'eau.





Étrange formation rocheuse compacte
















Les maoris ont donné toute sorte de signification à ce qu'il les entoure


Située à l'embouchure de la rivière Grey, la ville de Greymouth est la plus grande de la côte ouest. Avant l'arrivée des colons, c'était une grande colonie maorie nommée Mawhera.
Cette ville qui nous paraît un peu morose ne donne pas envie de rester, d’autant plus qu’elle a le triste record de la ville la plus pluvieuse du pays ! La ville porte bien son nom, c'est gris aussi bien dans la ville que dans le ciel !
Le matin, d'étranges nuages sont poussés par The Barber (le "barbier"), un vent glacial aussi coupant qu'un rasoir venu de la vallée de la Grey.
C’est la région la moins habitée de Nouvelle-Zélande, ce qui est expliqué, en outre de son isolement, par le fait que la culture est presque impossible sous un tel climat (sols sont trop souvent infertiles, trop caillouteux ou trop marécageux et lessivage des sols à cause des très fortes précipitations). De plus la forte humidité empêche l'élevage des moutons et la Grey a provoqué d'importantes inondations.


On passe Hokitika, mais la nuit est en train de tomber. Cette ville connut son heure de gloire lors de la ruée vers l'or, à l'époque où elle était capitale du Westland. Mais elle tomba dans l'oubli au 20ème siècle. La ville est aujourd'hui renommée pour ses ateliers de sculpture de néphrite. Cette variété de jade diffère de la jadéite (plus légère et plus rare), prisée en Chine. La néphrite se forme dans les failles alpines. Les rivières transportent ensuite les fragments de pierre. Pendant des siècles, ce matériau fut la principale source de commerce entre les Maoris de l'île du Nord et de l'île du Sud. Depuis 1997, c'est une tribu maorie qui possède tous les gisements de néphrite de la côte ouest.





Les deux glaciers du Westland, le Franz Josef et le Fox, sont ceux dont les terminaux (bas du glacier) sont les plus bas du monde (pratiquement au même niveau que la mer et très proches de celle-ci), on en observe aussi en Argentine.
La plupart des centaines de milliers de visiteurs annuelles qui entrent dans la région vont directement à ces glaciers qui sont parmi les plus facile d'accès de la Terre. Ces grandes vallées de glace de 300 m de profondeur se dressent dans un décor de forêt humide. Les randonnées sur la glace se font avec l'accompagnement d'un guide.

Inscrits au sein du parc national de Westland Tai Putini, ces glaciers "coulent" directement du massif comprenant le mont Cook, point culminant du pays. Du fait de leur orientation, côté ouest, ils retiennent les nuages et l'humidité venant de la mer de Tasman. Les importantes précipitations déversent de grands volumes de neige sur les montagnes, alimentant les quelques 140 glaciers du parc, mais le Franz Josef et le Fox, les plus imposants, contiennent à eux seuls les deux tiers de la glace du parc.
Ces deux colosses de glace aux reflets bleutés s'enfoncent dans la forêt, mais n'avancent pas. En un siècle, ils ont reculé de plus de 2,5 km, malgré de modestes avancées dans les années 1990.

Le glacier Franz Josef, long de 12 km, fut nommé d'après l'empereur austro-hongrois par le géologue allemand Julius von Haast qui explora la région en 1865. Le front de ce glacier escarpé vieux de 7000 ans se situe à 19 km de la mer. A sa place se trouvait jadis un glacier encore plus ancien qui jouxtait la mer. La fonte des glace alimente le Waiho que l'on longe un peu pour s'approcher du glacier.

Le Fox Glacier attire moins de visiteurs que son voisin. La marche pour l'atteindre est d'un niveau pourtant plus facile et les vues non moins splendides. Ce glacier fut baptisé ainsi d'après William Fox, ancien premier ministre néo-zélandais du 19ème siècle. Fox Glacier fait 13 km de long et possède un dénivelé de 2600 mètres.

Un glacier se forme par l'accumulation dans une vallée de couches de neige qui, au fil du temps, s'entassent et se transforment en névé. Celui-ci devient de plus en plus compact sous la pression exercée par son propre poids et se change en glace.
Les glaciers Fox et Franz Josef se situent dans une zone tempérée, sur un sol plus chaud que dans la plupart des régions glaciaires. C'est ainsi qu'une certaine quantité de neige fondue se trouve à la base de ces glaciers, ce qui les fait glisser vers le bas de la montagne. Cette friction accroît à son tour la fonte et le glissement vers l'aval ; les glaciers de la côte ouest se déplacent très rapidement par rapport à leurs congénères, jusqu'à 4 mètres par jour.
Les glaciers subissent aussi un mouvement intérieur, car les couches qui les composent ne se déplacent pas toutes à la même vitesse. La couche supérieure du Fox et du Franz Josef (épaisse de 20 m environ) bouge plus vite, mais elle est aussi plus fragile et a tendance à se craqueler, entraînant la formation de profondes crevasses. C'est pourquoi les glaciers sont si dangereux : de fortes chutes de neige peuvent recouvrir les crevasses et créer des ponts de neige qui peuvent céder sous le poids d'un alpiniste.
En s'écoulant, les glaciers creusent leur substrat rocheux et entraînent avec eux une grande quantité de débris comme d'énormes pierres et de la fine poudre de roche. Cette poudre, dite farine de roche, donne leur couleur gris laiteux aux rivières glaciaires. Les débris se déposent sur les côtés et forment des tas de graviers et de roches : les moraines.
Avec le temps, les glaciers forment de profondes vallées en auge (en "U"), par opposition aux vallées fluviales, en "V". De nombreux lacs de l'île du Sud sont le résultat d'anciens glaciers fondus depuis longtemps.




La route SH6 nous emmène ensuite le long de Bruce Bay, puis après avoir bifurqué dans les terres, la route repart en direction de la mer à Knights Point, d'où la vue panoramique sur l'océan est de toute beauté. En face, l'immensité de la mer de Tasman qui sépare la Nouvelle-Zélande de l'Australie.

On passe au travers de grandes forêts pluviales de basse altitude, où une dense végétation composée de fougères et de podocarpes profite d'importantes précipitations (5000 mm annuel au village de Franz Josef, soit environ 10 fois plus que celles que l'on reçoit en France).

On longe la côte jusqu'à Haast, hameau à l'embouchure de la rivière du même nom. Il ne constitue guère plus qu'une étape et un point de ravitaillement en essence pour les automobilistes.

Au-delà de cette ville, la route s'enfonce définitivement du côté des montagnes. Dans une région accidentée et très sauvage, le littoral plus au sud attira les colons qui tentèrent de s'installer, mais l'isolement extrême et les pluies torrentielles découragèrent tout espoir de développement.
Encore plus au sud, la côte se transforme petit à petit en fjords. Mais ceux-ci ne sont accessibles par le bord de mer. Le plus célèbre d'entre eux, le Milford Sound, est prévu au programme mais quelques jours plus tard.




Bruce Bay




Un seul passage dans la région enclavée du Westland se faisait au nord par les cols d'Arthur's Pass et Lewis Pass, jusqu'à ce que Haas Pass Road soit ouverte au sud en 1965.


Quittant pour de bon le Westland, on retrouve les hautes montagnes des Alpes néo-zélandaises qui offre un cadre enchanteur aux paysages traversés. La route monte jusqu'au Haast Pass avant de retomber dans les vallées de Wanaka et de Queenstown.










(*) Définition des quarantièmes rugissants (Roaring Forties) : nom donné par les marins aux latitudes situées entre les 40e et 50e parallèles dans l'hémisphère Sud, appelées ainsi en raison des vents forts établis, venant majoritairement de l'ouest. Parce qu'il y a moins de masses de terre pour casser la mer et les ralentir, les vents sont particulièrement violents et la mer formée, notamment dans le sud de l'océan Indien, qui est aujourd'hui inclus dans ce qui est connu comme l'océan Austral.