La région de l'Otago dont la célèbre Dunedin est la capitale, est une terre de montagnes majestueuses se reflétant dans les lacs comme dans la région de Queenstown, de belles villes victoriennes le long de la côte, mais aussi de paysages désertiques abritant une faune étonnante.
Dans les années 1860, la découverte de gisements d'or attira de nombreux Européens à s'installer dans la région centrale de l'Otago où se trouvaient les plus riches terrains aurifères du pays. Même si cette ruée ne dura qu'une décennie, la population de la Nouvelle-Zélande doubla pendant cette période. Initialement baptisée Nouvelle-Édimbourg, Dunedin devint alors le pôle économique du pays. Banques, bureaux, hôtels et églises de pierre imposantes remplacèrent bien vite les baraquements des premiers colons, de pieux presbytériens qui avaient fui les persécutions religieuses en Écosse pour bâtir un nouveau monde basé sur l'agriculture.
Surnommée "l’Édimbourg du Sud", Dunedin est
toujours très attachée à ses origines écossaises. Ici, on retrouve le côté "vieille pierre" des villes d’Europe, ce qui est finalement très rare dans ce coin du monde. On aime ces villes-là qui ont du charisme ! Il y a beaucoup à voir en un espace restreint.
La ville s'enorgueillit de posséder le plus grand nombre d'édifices de style victorien du pays.
Dunedin fut un temps la ville la plus importante du pays, comme en témoigne ses beaux bâtiments : la Gare, les Municipal Chambers, la First Church, puis plus tard, les Law Courts et la Cathédrale St Paul.
Ce centre urbain doté d'un port, est cerné de collines. Étant à l'écart de la route empruntée par les touristes reliant Christchurch à Queenstown et au Milford Sound, Dunedin n'est pas devenue une ville de passage et est ainsi restée authentique.
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| L'Université de l'Otago rassemble quelque 20 000 étudiants |
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| First Church |
La ruée vers l'or a fait de Dunedin la plus grande et la plus belle ville de Nouvelle-Zélande. Et même si ce n'est plus le cas aujourd'hui, elle reste un centre urbain élégant, à l'architecture victorienne raffinée.
Elle est actuellement la deuxième ville de l'île du Sud avec ses 120 000 habitants.
Dunedin était l'ancien nom écossais d’Édimbourg. Très pieux, les tous premiers colons avaient dans l'idée de bâtir une réplique améliorée de leur pays d'origine, mais la ruée vers l'or balaya tout sur son passage. La croissance de la ville s'accéléra très vite, des fortunes se firent du jour au lendemain et Dunedin devint la capitale financière du pays.
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| Le centre ville, autour de l'Octagon |
L'Octagon est une grande place bordée de beaux bâtiments et de restaurants. Lorsqu'ils établirent le plan de la "Nouvelle Édimbourg" en 1846, les géomètres de la future colonie firent en son centre une esplanade octogonale. Elle garda toutefois longtemps l'aspect d'un terrain vague, et elle ne joue son rôle central dans la vie de la cité que depuis le début du 20ème siècle. Cette oasis dans la ville est entourée de beaux édifices.
Non loin sur une butte se dresse la cathédrale Saint Paul, lieu de culte anglican de style néogothique, achevée en 1920. Un large escalier mène à elle. C'est le seul édifice à voûtes en pierre du pays. Sur la place se tient la statue de Robert Burns, érigée à la fin du 19ème siècle en hommage au poète écossais qui était l'oncle du révérend de la première colonie.
A côte de la cathédrale se trouve les Municipal Chambers bâties avec la pierre d'Oamaru à la fin du 19ème siècle et fortement restaurées. Le tout est dominé par une tour de l'horloge haute de 47 m.
Partant de l'Octagon, la Stuart Street aligne ses Terrace Houses. Ces maisons mitoyennes des années 1900 étaient le logement des gens simples. Elles ont été de nos jours reconverties en restaurants, boutiques ou bureaux.
First Church ("Première église") fut bâtie par les premiers colons dans les années 1870. C'est la plus imposante église presbytérienne de l'Otago. Elle possède une rose, un toit en bois et une flèche haute de 56 m.
Dowling Street est une rue intéressante avec le Commerce Building et l'Imperial Building du début du 20ème siècle.
Le bâtiment des Law Courts de 1900 joue du contraste de couleurs entre la roche volcanique de Port Chalmers et le calcaire plus clair d'Oamaru.
La gare ferroviaire de Dunedin est le monument le plus photographié de la ville. Construite en 1904 dans le style flamand, sa façade de pierre et de béton très élaborée au toit orangé (tuiles en terre cuite de Marseille) valut à son architecte, George Troup, le surnom de Gingerbread George ("George pain d'épice").
Il s'agit sûrement du plus grand édifice en pierre de Nouvelle-Zélande. Il est considéré comme l'un des meilleurs exemples d'architecture ferroviaire de l'hémisphère Sud.
De dimension modeste au regard des standards internationaux, il dégage toutefois une impression de grandeur en raison de ses proportions harmonieuses.
Pour le parement extérieur, le calcaire beige d'Oamaru, qui souligne les motifs, contraste avec la "pierre bleue" de l'Otago et le granit d'Aberdeen poli des colonnes.
La tour de l'horloge mesure 37 m de hauteur. Des lions en grès remarquablement sculptés la cantonnent.
La tourelle (à gauche) crée un contrepoint visuel à la tour de l'horloge. Les chiens-assis
(lucarnes de petite dimension propres aux toits à faible pente) qui coupent la pente du toit sont typiques de l'architecture flamande.
A l'intérieur, les guichets superbement ouvragés valent le coup d’œil. Ornés de carreaux blancs, ils sont couronnés par l'ancien logo des New Zealand Railways.
Une frise de putti (angelots nus et ailés) et de feuillages exécutée par la manufacture anglaise Royal Doulton court sous la galerie du hall.
Sur le sol en mosaïque, plus de 725 000 carrés de porcelaine de la même entreprise forment des images de locomotives, de wagons et du logo de la compagnie de trains néo-zélandaise.
Un carrelage en mosaïque et une rampe en fer forgé contribuent à l'élégance de l'escalier reliant le hall à la galerie supérieur.
Les verrières se faisant face au niveau de la galerie supérieure sont décorées de locomotives à vapeur aux phares étincelants.
Les quais servent aux arrivées et aux départs des passagers prenant le Taieri Gorge Railway, une ligne touristique.
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| Le hall de la gare |
Depuis les années 1950, la ville vit moins des richesses tirées de l'agriculture et devient un grand centre universitaire dont la capacité a triplé depuis 1980. Le tourisme est aussi en plein essor.
C'est à la fin du mois de février que l'université reprend vit lors de la rentrée scolaire néo-zélandaise. Les étudiants, surnommés scarfies à cause des écharpes (scarfs) qu'ils portaient, envahissent le centre-ville. Situé au bord du fleuve Water of Leith, le Registry Building de 1879, avec sa tour de l'horloge, est l'un des joyaux architectural de la ville. Les maisons en pierre bleue de l'Otago à son extrémité nord ont été construites pour les quatre premiers professeurs.
La ville possède une des rues les plus pentues du monde, la Baldwin Street.
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| Gare de Dunedin |
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| Rochers hémisphériques de Moeraki |
Les Moeraki Boulders, sur la plage du même nom, sont des rochers parfaitement sphériques de 3 ou 4 mètres de diamètre, formés au fond de la mer il y a plusieurs millions d’années. Ils sont aujourd’hui comme abandonnés, à moitié enfouis dans le sable et éparpillés sur 50 mètres de plage. Ce pays est un véritable paradis pour géologues !
Il s'agit de concrétions engendrées par la cristallisation de l'argilite au fond de la mer. Elles se forment généralement avant les roches sédimentaires environnantes, ce qui les rend plus dures et moins sujettes aux variations climatiques. On peut ainsi voir des rochers en train d'émerger lentement de la falaise, à mesure que celle-ci s'érode.
Ces boulets de pierre ont depuis longtemps nourri l'imagination. A chaque curiosité de la nature est associée une interprétation par les maoris : ici, ces boules de roches presque lisses seraient des paniers de nourriture (Te Kaihinaki), contenus dans la pirogue Araiteuru qui amenèrent leurs ancêtres polynésiens et qui aurait fait naufrage ici.
Principale ville du nord de l'Otago, Oamaru, quant à elle, est réputée pour concentrer les bâtiments
anciens les mieux conservées de Nouvelle-Zélande. Il ne va pas sans dire
donc qu’on a tout de suite accroché !
Cette ville, aujourd'hui
assoupie, eut jadis de grandes ambitions car, à l'instar de Dunedin,
elle connut un grand essor lors de la ruée vers l'or.
Ancien centre agricole, Oamaru est une destination touristique de plus en plus appréciée. Le cœur de cette petite ville chargée d'histoire se concentre autour de l'ancien front de mer, au bout de
Thames Street, la Grand-rue. Son port, fermé dans les années 1970, laissa intact des paysages urbains de style victorien qui depuis ont été rénovés pour former l'
Oamaru Historic Precinct, le quartier historique autour de
Tyne Street et
Harbour Street.
L'architecture néoclassique et les colonnes corinthiennes prédominent et plusieurs œuvres ont été construites dans le calcaire de la ville, facile à tailler et à sculpter.
Datant de 1883, la Courthouse au portique néoclassique sert toujours de tribunal.
La National et la Colonial Bank datent de la même époque.
Le Waitaki District Council domine la rue de sa tour de 28 m qui a été ajoutée à ce qui était la deuxième poste d'Oamaru.
La première poste de la ville siège, quant à elle, dans un petit bâtiment italianisant.
North Otago Museum était autrefois une bibliothèque.
Installée dans une ancienne banque à l'architecture typique avec ses pilastres corinthiens, la Forrester Gallery.
Harbour Street se situe au cœur du quartier du port. Cette rue est bordée d'entrepôts, de greniers et de bâtiments commerciaux du 19ème siècle. Avec Tyne Street, elle compte plus de 20 édifices classés.
A l'angle de ces deux voies se dressent le Criterion Hotel qui a retrouvé tout son éclat grâce à une rénovation réussie. Le bar a gardé l'atmosphère d'un pub d'époque victorienne.
Pour citer quelques uns de ces bâtiments, la Customs House, l'Union Bank ou encore la New Zealand Loan and Mercantile Warehouse, entrepôt victorien commandé par la plus grosse société agricole du pays dans les années 1880, pour contenir 100 000 sacs de céréales.
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| Église anglicane St Luke |
On retrouve une véritable harmonie architecturale dans le quartier du port et de part et d’autre de la rue principale, la Thames Street, avec de majestueuses bâtisses victoriennes en pierre d’Oamaru, un calcaire couleur crème.
L'Oamaru Public Gardens sont des jardins très classiques qui renferment entre autres, une roseraie, une pelouse bordée d'azalées, un vallon de rhododendrons, un kiosque à musique, une volière, des paons et des fontaines en marbre.
Autour de la ville, observation de la faune et de la flore complètent les activités.
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| Harbour Street, dans le vieux quartier du Port |
On entre enfin dans la région du Canterbury, dont Christchurch est la capitale. Installée contre des collines vallonnées, Timaru est la ville principale du sud de cette région.
Cette cité de taille moyenne présente quelques
sites intéressants dont un grand parc sur une esplanade, un centre
animé, de belles églises dont une avec de superbes vitraux et un jardin
botanique bien sûr !
La rue commerçante a un certain cachet avec ses bâtisses d'époque.
Le nom de cette ancienne station baleinière tire son nom du terme Te Maru signifiant "lieu de refuge" en maori. Les pirogues des Maoris qui longeaient le littoral s'arrêtaient ici. Les naufrages étaient nombreux, jusqu'à la construction du port artificiel à la fin du 19ème siècle.
Timaru reste dans l'ombre d'Oamaru qui attire de plus en plus de touristes. D'ailleurs, copiant sur cette dernière, la ville donne une seconde jeunesse à son quartier historique. Timaru a ainsi effectué de grands changements en vue de se débarrasses de son apparence de petite ville de province à la situation économique précaire.
De nombreux beaux édifices et tout un paysage urbain ont résisté au passage du temps, en particulier dans Beswick Cains et Barnard Street.
Dans le quartier commerçant, on remarque la Royale Arcade, ornée de colonnes en fer forgé et de magasins de style victorien.
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| Stafford Street à Timaru |
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| Vitrail de la Basilique Sacré-Coeur |
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| Jardins de Caroline Bay Park |
Caroline Bay est une station balnéaire un peu désuète, mais appréciée des locaux. Depuis la construction du port de Timaru en 1877, la sable blanc de la baie s'est accumulé à son extrémité sud, formant une plage très populaire et sûre. Derrière, s'étendent de vastes pelouses, une aire de jeux pour enfants, une volière et des cours de de tennis. La Piazza, un ensemble d'escaliers et de terrasses, relie la plage au centre-ville.
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| L'église anglicane St Mary, édifiée en 1880 dans le plus pur style gothique anglais |
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| Volière de Caroline Bay Park |
Bâtie en 1911, la basilique du Sacré-Cœur domine la ville de son grand dôme en cuivre et de ses tours jumelles. Cet édifice est sans aucun doute le plus majestueux de la ville. L'intérieur est aussi impressionnant que l'extérieur. De grands vitraux éclairent la nef où de massives colonnes blanches rythment l'espace. Elles soutiennent des plafonds ornés de motifs au pochoir. L'architecte aussi conçu les cathédrales de Dunedin et Christchurch.
Logée dans une élégante demeure datant de 1908, l'Aigantighe Art Gallery abrite une grande collection d'art néo-zélandais, pacifique, asiatique et européen. On limitera cependant la visite à son jardin de sculptures modernes. Aigantighe signifie "à la maison" en gaélique des Highlands.
Comme toute ville qui se respecte, Timaru est doté d'un jardin botanique. Statues, kiosque, serres avec des plantes désertiques et tropicales et massifs comprenant des roses et des plantes en voie de disparition font de ce parc une agréable façon de terminer la visite.
En remontant vers le nord, on marque un arrêt à Ashburton, mais la ville ne nous séduit pas plus que ça. Construite sur un plan régulier, la cité est connue pour ses bâtiments anciens en brique et ses hauts arbres.